Renaissance de Solitude à Bagneux

L’œuvre Solitude, réalisée par Nicolas Alquin, a retrouvé toute sa force symbolique après sa restauration à Bagneux. Gravement endommagée lors d’un incendie en 2023, cette sculpture monumentale — hommage à la Mulâtresse Solitude et à la mémoire de l’esclavage — a été patiemment restaurée par l’artiste en lien avec l’agence Art’So Composée de totems en bois et en métal, l’œuvre a fait l’objet d’un travail minutieux visant à effacer les stigmates du feu sans en altérer l’esprit ni la puissance. Présentée de nouveau au public lors de la commémoration du 10 mai, Solitude se dresse aujourd’hui comme un symbole de mémoire, de résilience et de transmission.

 

Histoire du projet

L’œuvre Solitude est un monument public sculpté par Nicolas Alquin, érigé à Bagneux (Hauts-de-Seine) en 2007. Elle rend hommage à la Mulâtresse Solitude, figure historique de la résistance à la répression du rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe en 1802, et symbolise la mémoire de l’esclavage et de la lutte pour la liberté. La sculpture, composée de trois totems (deux en bois d’iroko provenant d’Afrique et un en fonte métallique), représente d’une part la présence humaine et, d’autre part, le souvenir de l’oppression et de l’émancipation. memoire-esclavage.org

La restauration en 2025

Face à cette destruction, la ville de Bagneux a missionné Nicolas Alquin lui-même pour restaurer l’œuvre, avec l’aide de son fils Marc. Voici ce qu’il faut retenir : Atelier et travail

  • La sculpture a été retirée de son emplacement (rond-point du Docteur Schweitzer) pour être restaurée dans l’atelier de l’artiste à Bagneux.
  • L’artiste et son fils ont travaillé intensément pendant plusieurs semaines pour réhabiliter la structure.
  • Le bois précieux d’origine a été rénové autant que possible, et les éléments métalliques ont été traités pour effacer les stigmates du feu.

Présentation publique

La sculpture restaurée a été présentée lors de la commémoration du 10 mai 2025 à Bagneux, à l’occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition — date symbolique du travail de mémoire autour de l’esclavage. Déclaration de l’artiste Dans des interviews, Alquin a exprimé la joie et l’émotion de voir Solitude debout de nouveau, soulignant que « une bonne restauration ne se voit pas », mettant en avant la subtilité et la finesse du travail accompli pour effacer les traces de l’incendie sans dénaturer l’œuvre. Un symbole de mémoire et de résilience Au-delà de la restauration matérielle, Solitude représente un acte de mémoire collective, en particulier dans le contexte des commémorations du 10 mai, et une affirmation contre l’oubli, le racisme et les violences. La réhabilitation de l’œuvre après sa destruction a ainsi été perçue comme un acte fort de résilience pour la communauté et pour l’artiste lui-même.